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Israël bombarde lourdement le sud de la bande de Gaza

L’armée israélienne bombarde encore ce dimanche 3 décembre la bande de Gaza, et surtout le sud, malgré les appels internationaux à la retenue afin de protéger les civils et sur fond « d’impasse » pour renouveler la trêve avec le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Ce qu’il faut retenir

■ La trêve à Gaza a volé en éclats vendredi matin 1er décembre. En 24 heures, plus de 240 Palestiniens sont morts et 650 autres blessés, selon le gouvernement dirigé par le Hamas.

■ L’armée israélienne a déplacé son offensive vers la moitié sud du territoire. De lourds bombardements sont signalés dans la région de Khan Younes et dans la ville méridionale de Rafah.

■ Le bureau des médias du gouvernement à Gaza affirme que plus de 700 Palestiniens ont été tués par les frappes aériennes israéliennes dans la bande de Gaza assiégée au cours des dernières 24 heures.

■ Le ministère de la Santé de la bande de Gaza, dirigé par le Hamas, déclare que le nombre total de morts provoqués par les bombardements israéliens dans l’enclave palestinienne a dépassé les 15 500, dont 70% de femmes et d’enfants. Le nombre de blessés s’élève à plus de 41 300 Palestiniens. Depuis le 7 octobre, plus de 1 200 Israéliens ont été tués.

■ Durant la trêve, 110 otages – 86 Israéliens et 24 étrangers – ont été libérés par le Hamas, selon le décompte d’Israël. De son côté, Israël a libéré 240 prisonniers palestiniens ; 136 otages restent détenus à Gaza, selon l’armée israélienne.

■ Le Croissant-Rouge palestinien a indiqué avoir « réceptionné des camions d’aide » samedi, les premiers depuis la fin de la trêve, via le terminal égyptien de Rafah, poste-frontière avec Gaza. Quelque 100 véhicules sont entrés dans l’enclave, de même source.

16h30 : Un navire de guerre américain et plusieurs navires commerciaux attaqués en mer Rouge, selon le Pentagone

« Nous sommes au courant des rapports concernant des attaques contre l’USS Carney et des navires commerciaux dans la mer Rouge et fournirons des informations dès qu’elles seront disponibles », a déclaré le Pentagone, repris par Reuters. L’armée britannique avait déclaré plus tôt qu’il y avait eu une attaque de drone et des explosions présumées en mer Rouge, sans donner plus de détails, précise l’agence de presse.

Le Pentagone n’a pas précisé d’où il pensait que l’incendie provenait. Cependant, les Houthis du Yémen ont lancé une série d’attaques contre des navires en mer Rouge, ainsi que des drones et des missiles visant Israël. L’un des navires touchés par des tirs de missiles appartient à une société britannique, elle-même détenue par Danny Ungar, le fils du magnat du transport maritime israélien Rami Ungar. Un autre navire appartenant à Rami Ungar avait été saisi il y a deux semaines.

16h00 : CPI : « Il faut montrer que le droit est là, en première ligne, et qu’il est capable de protéger tout le monde »

Après sa visite en Israël et dans les Territoires palestiniens, le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan, a assuré que la CPI entendait intensifier ses efforts pour enquêter sur d’éventuels crimes de guerre dans le conflit en cours. « Il faut montrer que le droit est là, en première ligne, et qu’il est capable de protéger tout le monde », a-t-il dit.

M. Khan appelle à la « libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages pris par le Hamas et d’autres organisations terroristes ». Selon lui, « les attaques contre des civils israéliens innocents le 7 octobre représentent certains des crimes internationaux les plus graves qui choquent la conscience de l’humanité, des crimes pour lesquels la CPI a été créée ». Lui et ses procureurs travaillaient « pour demander des comptes aux responsables ».

Dans le même temps, il assure que son bureau va « intensifier ses efforts pour faire avancer les enquêtes » dans les Territoires palestiniens occupés. Le procureur confie sa « profonde préoccupation » face à « l’augmentation significative des incidents d’attaques de colons israéliens contre des civils palestiniens en Cisjordanie ». « Aucun Israélien armé d’une idéologie extrémiste et d’une arme à feu ne peut se sentir capable d’agir avec l’impunité contre les civils palestiniens », prévient-il.

Karim Khan certifie que ses équipes chercheront à travailler avec « tous les acteurs ». À noter cependant que les enquêteurs de la CPI n’ont pas été autorisés à entrer à Gaza ou à enquêter en Israël, un État qui n’est pas membre de la Cour pénale internationale.

15h25 : « On n’a vraiment nulle part où aller », s’inquiète un témoin à Khan Younes

Les frappes israéliennes n’épargnent pas le sud de Gaza et Khan Younes, où de très nombreux civils ont fui ces dernières semaines. La radio Monte Carlo Doualiya, membre comme RFI du groupe France Médias Monde et représentée sur place à Gaza par notre confrère Wissam Abou Zeid, a pu rencontrer plusieurs de ces civils tout juste arrivés à l’hôpital Nasser.

« Il n’y a plus que ce moyen pour se déplacer à Gaza. On est donc venu comme ça jusqu’à l’hôpital Nasser, confie un homme arrivé en charrette à l’hôpital pour se réfugier. Comme beaucoup ici, on vit dehors, on n’a vraiment nulle part où aller. La situation est dure. La nuit, le froid est intense et il n’y a pas d’eau. »

Comme des centaines de miliers de Gazaouis, beaucoup de journalistes sont allés eux aussi se réfugier à Khan Younes, tout en tentant de continuer à faire leur travail dans la confusion la plus totale, ainsi que le raconte cette consœur : « L’armée israélienne nous a d’abord demandé de quitter la ville de Gaza, nous voilà à Khan Younes. Ce devait être une zone plus sûre, mais en fait, les bombardments israéliens frappent partout : le sud, le nord. Et maintenant, on nous demande à nouveau, la trêve passée, de quitter l’est de Khan Younes devenu terrain de combat dangereux pour les civils. C’est l’inquiétude et la confusion pour tout le monde ici. Où aller ? »

Où aller et comment continuer de rapporter ce qui se passe à Gaza ? C’est l’autre question que se pose cette journaliste et les quelques confrères encore présents sur place, dont Wissam Abou Zeid.

15h00 : les bombardements israéliens dans la bande de Gaza ont fait 15 523 morts depuis le 7 octobre (Hamas)

Le porte-parole du ministère de la Santé du Hamas, Ashraf al-Qidreh, a communiqué un nouveau bilan du nombre de personnes décédées du fait des bombardements israéliens dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre, le 7 octobre : 15 523. Les opérations militaires israéliennes lancées à Gaza ont également fait 41 316 blessés, de même source.

14h50 : « Nous ne parviendrons pas à sauver tout le monde », déplore le porte-parole de la Défense civile à Gaza

Mahmoud Basal, porte-parole de la Défense civile palestinienne à Gaza, a confié à la chaîne Al Jazeera que les conditions dans la bande de Gaza sont « plus que désastreuses » et que le secours manquent de ressources. « Des dizaines de civils sont tués à chaque frappe aérienne. Des centaines de personnes sont également blessées », explique-t-il. « Nous faisons tout ce que nous pouvons avec le minimum de ressources disponibles, ajoute le responsable. On commence par creuser pour récupérer les restes de ceux qui sont coincés sous les décombres. Mais quoi que nous fassions, nous ne parviendrons pas à sauver tout le monde. Beaucoup restent ensevelis sous les décombres. »

14h40 : Dix soldats et un civil blessés dans une attaque de missile antichar dans le nord d’Israël

Le journal Haaretz rapporte que le porte-parole du centre médical Ziv, à Safed, a déclaré que les victimes avaient été touchées par des éclats d’obus après qu’un missile antichar ait été tiré sur un véhicule militaire près de Beit Hillel, une petite communauté du nord d’Israël.

14h20 : Aucune négociation officielle pour une pause humanitaire ou la libération d’otages, de source américaine

Le porte-parole du Conseil américain de sécurité nationale John Kirby, lors d’un entretien sur NBC, a estimé qu’il n’y avait pas à cette heure de « négociations officielles » pour parvenir à une nouvelle pause humanitaire ou à la libération d’otages. Et de préciser que les États-Unis travaillaient heure par heure pour la reprise de pourparlers sur les otages. « Honnêtement, dit-il, je ne sais tout simplement pas » quand le Hamas pourra éventuellement être ramené à la table des négociations.

13h50 : « Sans une pression concrète des Américains sur Israël, il ne se passera rien »

Les hostilités ont repris dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas. Volée de roquettes du Hamas contre des bombardements intensifs d’Israël, la trêve est bien loin. Depuis 48 heures, les frappes israéliennes s’étendent vers le sud de la bande de Gaza. Jusqu’où compte aller Netanyahu dans ce regain d’affrontements armés ? Des voix s’élèvent pour alerter sur le risque d’augmentation des victimes civiles. Agnès Levallois, maîtresse de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique et vice-présidente de l’IREMMO (Institut de Recherche et d’Études Méditerranée-Moyen-Orient) est l’Invitée internationale de la mi-journée de RFI.

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