Meïssa Fall, à propos de l’avant-projet du nouveau code de travail : «On essaie d’apporter un texte qui soit à la satisfaction de toutes les parties. »

Introduite depuis plusieurs années, notamment en 2021, la réforme du nouveau code de travail a fait l’objet d’un atelier réunissant hier, jeudi 22 mai le patronat, l’Etat et les syndicats de travailleurs dans un cadre tripartite afin de réfléchir sur l’avènement d’un nouveau texte qui prendrait en compte la réalité du développement économique.
Un atelier de restitution des travaux portant sur l’avant-projet du nouveau Code du Travail en cours de négociations sociales tripartites s’est ouvert hier, jeudi 22 mai à Dakar. Cette rencontre tenue à l’initiative du Conseil national du patronat (CNP), vise à rendre compte aux entreprises un peu de l’état de la situation d’avancement des travaux. « Nous sommes dans le cadre d’un dialogue, d’une concertation win-win, gagnant-gagnant dans laquelle, il ne s’agit pas simplement pour les employeurs de trouver le compte, mais également il s’agit pour les travailleurs d’entrer dans un cadre vertueux de travail décent », a déclaré Meïssa Fall, président de la commission sociale, normes du travail du Conseil national du patronat (CNP).
Il a annoncé également l’embarquement dans les réflexions de nouvelles situations qui émergent dans la relations de travail, comme la géopolitique et le numérique. Ces situations selon M. Fall « des réactions et l’entreprise ne demande que cette capacité à pouvoir s’ajuster, à pouvoir s’adapter à toute situation. »
Ce sont « ces nouvelles réalités-là sur lesquelles, nous sommes en train de travailler. Donc, on essaie d’apporter un texte qui soit à la satisfaction de toutes les parties », a assuré le président de la Commission sociale, normes du travail du CNP.
Mme Khar Basse, membre de la commission social du CNP, appelle quant à elle, à ce que les préoccupations des différentes parties prenantes soient prises en compte en termes d’applicabilité du texte final. « Il faut que ce texte qui va régir le droit social au Sénégal soit applicable par rapport à la protection du travailleur, puisque c’est du droit social, mais également par rapport aux contraintes et aux possibilités des employeurs du Sénégal. »
En termes de nouveautés apportées dans ce texte en cours de discussion, révèle-t-elle, « il y a également des innovations qui ont été proposées à introduire par rapport au pouvoir de contrôle, de renforcement de ce pouvoir au niveau du ministère de travail. »
Prenant part à cette rencontre, en tant partenaire technique et financier, Caroline Huptmann, représentant résidente de la Fondation Konrad Adenauer, a souligné l’appui de la Fondation dans « ces cadres de concertations sur toutes les règlementations concernant le patronat, en dialogue avec les syndicats, avec les autorités gouvernementales et toutes les institutions qui sont importantes pour en venir à un cadre qui soutient l’économie. »
Comparant dans ce cadre le Sénégal à son pays l’Allemagne qui selon elle, fonde sur une économie sociale de marché, Mme Huptmann indique par contre que « L’entreprenariat joue un grand rôle, mais il faut qu’on vive des situations qui sont gagnant-gagnant pour les entrepreneurs mais aussi pour les ressources humaines qui contribuent largement à ce qu’une économie puisse fonctionner. »
Bien que le contexte diffère d’un pays à l’autre, a-t-elle relevé : « C’est aux organisations ici de se mettre ensemble de trouver ce cadre d’échange pour élaborer ce qui marche pour le Sénégal », conclut la représentant résidente de la Fondation Konrad Adenauer.
Ousmane GOUDIABY



