
Le cabinet international EDUFORE vient de réaliser une enquête sur la problématique de la privatisation de l’éducation au Senegal pour le compte de l’union des syndicats de l’enseignement pour la qualité (USEQ)avec l’appui financier de la fondation Fredrich Ebert. La restitution de cette enquête a fait l’objet d’un atelier national de partage à l’hôtel « les berges du sine » de Fatick. L’USEQ en conclave pendant deux jours est pour un secteur public d’éducation et de formation de qualité, équitable, inclusif et attractif .
Sur les raisons d’une telle enquête, Abdourahmane Gueye coordinateur national de l’USEQ donne des explications « nous sommes parti du constat qu’au niveau du Senegal relativement à l’enseignement et à l’éducation que la privatisation et la marchandisation est en train de prendre une allure. Nous qui sommes des partisans de l’école publique, nous nous sommes rencontrés et cela a été une recommandation de l’internationale de l’éducation qui regroupe 400 organisations éparpillées dans 170 pays avec une population de 40 millions d’habitants qui travaillent pour une éducation de qualité ».
Estimant que l’éducation ne doit pas être l’affaire d’une toute petite communauté, l’USEQ constituée des six syndicats membres de l’international de l’éducation (SAES, SNEEL-CNTS, SYPROS, UDEN et le SELS) en collaboration avec plusieurs acteurs dans le pays dont la COSYDEP font une alliance pour asseoir un argumentaire en vers les autorités pour l’augmentation des financements de l’éducation publique.
Pour Abdourakhmane Gueye « le Senegal comparé aux autres pays respecte les critères internationaux qui sont de 6% du PIB de son budget de fonctionnement et de 20% du budget de fonctionnement . Notre pays est à 26% de son budget de fonctionnement dépassant de loin ses critères internationaux. Mais malgré, les difficultés comme un manque d’enseignants, des cadres inappropriés qui ne permettent pas aux enfants d’avoir le goût de l’école sont toujours présentes au Senegal » se désole le coordonnateur national de l’USEQ.
Sur le choix de Fatick le syndicaliste argumente « aujourd’hui nous avons pensé que nous devons dépasser le cadre de la capitale mais nous devons aller à l’intérieur du pays avec nos camarades pour partager avec eux cette étude commanditée et dont les résultats ont montré que l’école privée prend de l’allure au Senegal alors que c’est une école d’élite . Nous devons travailler pour l’école publique qui est celle du peuple soit renforcée dans son financement pour permettre l’égalité des chances à tous les enfants de notre pays ».
Au Senegal l’union des syndicats de l’enseignement pour la qualité regrette que l’éducation soit actuellement très chère. Selon Abdourakhmane Gueye l’enseignement est devenu à la limite « une marchandise et le commun des Senegalais pensent que l’école publique n’est plus à la hauteur . Ce n’est pas le cas . C’est à nous qui sommes sur le terrain qui devons éveiller les autres à partir de démarches scientifiques d’où l’intérêt de cette étude . Notre finalité est de dire aux décideurs que vous mettez les moyens mais c’est insuffisant. Il faut que nous allions vers des financements endogènes. L’éducation est un domaine de souveraineté » a t’il déclaré.
Cependant il soutient que l’école fait de bon résultat avec plus d’un million d’élèves dans le pays.
A Fatick l’USEQ estime qu’un enseignement de qualité doit refléter nos valeurs, notre identité et notre histoire. « Nous avons amorcé la réflexion pour les réformes curriculaires. Les programmes sont trop trop nombreux et le contenu semble être dépassé. Je ne vois pas la pertinence d’apprendre Charlemagne à nos enfants alors que nous avons des valeurs sûres telles que Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, El Hadji Malick Sy, Seydina Limamoulaye parmi tant d’autres qui nous ont montrés qu’ils étaient de grandes personnalités . Nous devons avoir des programmes scolaires qui collent à nos réalités societales » a conclu Abdourakhmane Gueye.



