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Promotion de la sante et le bien-être des adolescents et jeunes : un projet de plaidoyer lancé pour garantir un meilleur accès aux services de santé sexuelle et reproductive

Hier, jeudi 15 mai 2025, à la Direction de Développement du Capital Humain (DDCH) à Dakar, l’ONG sénégalaise Action et Développement (AcDev), en partenariat avec l’IPPF et le soutien financier du gouvernement luxembourgeois, a lancé un ambitieux projet de plaidoyer pour la santé et le bien-être des adolescents et des jeunes en Afrique de l’Ouest, avec une mise en œuvre active au Sénégal. L’objectif est de garantir aux jeunes un meilleur accès aux services de santé sexuelle et reproductive, tout en influençant positivement les politiques publiques.

Le projet, d’une durée de trois ans (2025-2027), est déployé dans plusieurs pays de la sous-région ouest africaine, notamment le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert et le Sénégal, où AcDev agit en tant que principal opérateur. L’initiative repose sur une approche pluridisciplinaire et multisectorielle, impliquant aussi bien les ministères de la Santé, de l’Éducation, de la Jeunesse, de la Justice et de la Famille, que les organisations de la société civile, les associations de jeunes et même les leaders religieux.

Au Sénégal, le projet vise trois objectifs spécifiques : Créer des cadres de concertation et de coordination autour de la santé reproductive des jeunes ; Accroître les financements alloués à la santé des adolescents ; Renforcer l’environnement juridique et politique en faveur des droits à la santé des jeunes. Pour atteindre ces objectifs, des comités régionaux et un comité national ont déjà été créés, avec des arrêtés officiels signés par les autorités administratives. Plusieurs sessions de formation ont également été organisées dans les régions de Dakar, Saint-Louis, Matam et Sédhiou, autour des enjeux de plaidoyer et des droits sexuels et reproductifs.

UNE SITUATION PREOCCUPANTE

Le lancement de ce projet intervient dans un contexte préoccupant pour la jeunesse sénégalaise. Selon l’Enquête Démographique et de Santé de 2023 (EDS-C), 15% des filles âgées de 15 à 19 ans sont déjà enceintes, avec des taux nettement plus élevés en milieu rural (17,9%). Le taux d’utilisation de la contraception reste faible (environ 18%), et les violences sexuelles, les mariages précoces et le manque d’accès à l’information et aux services adaptés aggravent la vulnérabilité des adolescentes.

En outre, seulement 20% des jeunes fréquentant les Espaces Conseils Ados-Jeunes déclarent avoir accès à des services réellement adaptés à leur âge. Cette situation limite leurs perspectives d’avenir et freine leur intégration sociale, éducative et économique.

De même, dans le cadre de la mise en œuvre du projet, un atelier d’information et de mobilisation des journalistes spécialisés en santé s’est tenu : l’objectif est d’impliquer les professionnels des médias dans la diffusion des messages de plaidoyer, afin d’accroître la visibilité du projet et d’assurer une sensibilisation efficace auprès du grand public, des décideurs et des communautés.

DES ACTIONS AU NIVEAU REGIONAL ET INTERNATIONAL

Au-delà du niveau national, le projet comprend aussi une dimension régionale, avec des actions concertées dans les pays partenaires, et un plaidoyer au plus haut niveau : la Commission sociale des Nations Unies et les institutions régionales comme la CEDEAO et l’OAS sont ciblées pour renforcer la prise en compte des droits des jeunes dans les politiques continentales. Les principaux axes d’intervention incluent : le réseautage, le renforcement des capacités, la mobilisation sociale et l’influence politique. Des campagnes médiatiques, des ateliers thématiques, des partenariats avec des organismes de recherche et des activités de documentation viendront étayer les messages du plaidoyer.

Par ailleurs, grâce à l’implication des différents acteurs, le projet ambitionne d’améliorer les capacités des jeunes défenseurs, influencer les processus politiques aux niveaux régional et international, et produire des contenus de plaidoyer fondés sur des données probantes. En somme, il s’agit d’enclencher une dynamique de changement pour que chaque adolescent et chaque jeune puisse jouir pleinement de son droit à la santé.

SOPHIA MANGA (STAGIAIRE)

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