Proposition de révision des curricula del’éducation civique par Mamadou NGOM IA FATICK

Monsieur le Ministre,
Cette modeste contribution, sous forme de proposition, résulte d’une observation née d’un petit parcours professionnel de professeur d’histoire et de géographie, de censeur, de chargé d’un bureau enseignement moyen général (BEMG), du bureau enseignement moyen secondaire général (BEMSG) et de responsable syndical. J’ai été aussi fortifié dans cetteproposition par le mot SPIRITUALITE qui revient sans cessedans vos prises de parole. Un mot, qui, Monsieur le Ministre,résume en partie le sens de ma contribution, qui, je l’espèrepermettra avec d’autres interventions d’approfondir laréflexion.
L’école sénégalaise, bien que s’inspirant du modèle françaisavec des connaissances partagées s’est implantée sur des basessociales solides de solidarité, de respect mutuel, de l’honneuret de la dignité. Ces valeurs ancestrales, perpétuées à traversdes rites traditionnels comme les circoncisions, les mariages,les funérailles ont permis à des générations d’intellectuelsprécoloniaux et postcoloniaux, malgré leur ouverture aumonde occidental à rester foncièrement défenseurs de sesbases solides, socle de la belle nation sénégalaise à partir delaquelle la république du Sénégal si particulière tire toute saquintessence.
Aujourd’hui, force est de constater que ces évènements, qui,dans un passé récent servaient d’opportunité pour former,formater et transmettre des savoirs sont dénaturés par lepouvoir de l’argent. Le même problème est noté au sein desfamilles où les enfants sont laissés à eux-mêmes à cause,d’une part de la conjoncture économique et d’autre part del’utilisation abusive du téléphone portable coinçant enfants etparents chacun dans son petit coin.
C’est la raison pour laquelle, l’école est devenue plus quejamais le levier sur lequel, la société et l’Etat doivents’appuyer pour que le Sénégal, symbole de la téranga dans lemonde, envié et respecté par la qualité de son modèle social,de ses hommes et femmes, demeure ce havre de paix où il faitbon vivre.
Cette école, qui reste, actuellement l’unique alternative pourl’appropriation des valeurs sénégalaises par nos enfants,trouve de la peine à prendre en charge correctementl’éducation civique, quand on sait que les objectifs et lesévaluations sommatives en classe ne portent que sur le savoiret le savoir-faire (Objectifs des grands cerveaux et descapables). Le savoir être, le savoir devenir et le savoir co-devenir (Objectif des grands cœurs et des intègres) sontrelégués au second plan dans nos pratiques d’enseignements-apprentissages et des évaluations sommatives commecertificatives. La note de conduite, disparue presque dans lesbulletins de note des élèves ne permet plus de cerner lecomportement et l’attitude réels de l’enfant; d’où l’urgence desortir des vœux pieux et de replacer l’éducation à lacitoyenneté au cœur du système d’éducation et de formationau Sénégal.
Avec la globalisation faisant du monde un village planétaire,la pensée unique prend de l’ampleur. Les modes, pratiques etvaleurs occidentales s’imposent aux Etats sous-développés.Cette nouvelle trajectoire historique entraine des conséquencesnéfastes pour nos sociétés africaines. Le rejet systématique decette épreuve de force avec ses lots de maux accentue leterrorisme, le nationalisme exagéré et le retard économique.
Dans nos sociétés où la pauvreté est la chose la mieuxpartagée, on assiste à des pertes de repère, de l’acculturationalimentaire, vestimentaire et comportementale. La perte del’estime et de la confiance en soi, à notre nation et à notreavenir commun, base du patriotisme et de la foi en Dieu et deses illustres élus refont surface comme l’illustre, en Afrique,les nombreuses disparitions en mer et les récurrents suicidesde jeunes en Europe.
Devant des besoins sans cesse croissants et de la malemployabilité dans nos sociétés, un tas de choses est offert àtravers l’internet comme remède ou comme somnolentaccentuant la perte de temps, l’impatience, la cybercriminalitéet ses corollaires.
L’enseignement formel de l’éducation civique n’est paseffectif dans les lycées et universités du Sénégal. Cette cassureentre le cycle fondamental ne s’explique pas car le besoin enformation au civisme est plus réel dans le secondaire et lesupérieur. Ici, cette frange d’âge est frappée de plein fouet parles soubresauts du monde contemporain et l’accompagnementmoral, psychologique et patriotique est plus que jamaisnécessaire. Cet accompagnement peut aider à ne pas tombersur certains travers comme la délinquance, l’alcoolisme, laprostitution, l’emprisonnement etc.
Au secondaire, existe un programme officieux que j’ai eu,avec mes anciens collègues du lycée Khar KANE de Gossas,la chance de dispenser sous formes d’exposés. Du hasard oude la coïncidence, Durant tout le temps que nous dispensionsces cours en éducation civique au secondaire, nous nousclassions toujours premier au BAC et étions les rares lycéesoù les élèves ne partent en grève.
Ce programme conçu pour le secondaire est d’une grandepertinence (voir pièce jointe). Cependant d’autres domainesde connaissances doivent être intégrés :
Un département en éducation civique à la faculté des sciencesde l’éducation et de la formation est un impératif. A signalerque tous les domaines de compétence qui se trouvent dans leprogramme officiel d’éducation civique au moyen et leprogramme officieux au secondaire sont presque dispensésdans les facultés de droit des universités du Sénégal. Lerecrutement doit concerner les nombreux étudiants diplômésen Licence et en Master en droit et sciences juridiques, qui ontdu mal à s’insérer dans le marché du travail.
Ailleurs, dans les pays développés, l’Etat s’appuie sur l’arméepour consolider les valeurs de discipline, d’endurance, depatriotisme, de travail et de persévérance à travers le servicemilitaire obligatoire. Dans nos pays sous-développés où toutest urgence avec des moyens limités, nous devons êtreimaginatifs pour nous rattraper. Pour cela, la formation doitêtre faite par une équipe pluridisciplinaire dans laquelle onretrouve des pédagogues, des professeurs de droits, desmilitaires, des sociologues, des historiens etc.
La formation doit se faire en plusieurs étapes:
MamadouNGOM
IA FATICK /PESChargé du BEMSG
76 524 74 91
ngomzin@yahoo.fr
