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RECRUDESCENCE DES GROSSESSES EN MILIEU SCOLAIRE DANS L’ACADÉMIE DE FATICK : La riposte du GEEP à travers un nouveau projet

Lors de la dernière publication des résultats des enquêtes du groupe pour l’étude et l’enseignement de la population ( GEEP) sur le nombre de grossesses en milieu scolaire, la région de Fatick avait enregistré 166 cas pour cette année scolaire . Suffisant pour que la structure lance à Fatick le Projet de Promotion inclusive et participative des Droits en Santé Sexuelle et Reproductive en milieu scolaire en collaboration avec l’Ambassade des Pays Bas au Senegal 

La santé reproductive des jeunes, notamment des adolescent-es en milieu scolaire, constitue une des préoccupations majeures pour les familles, la société, les pouvoirs publics et les organisations de la société civile œuvrant pour la promotion et le respect des droits de la personne et la continuité de l’éducation des filles.

Serigne Sarr coordonnateur régional du GEEP à Fatick justifie le choix de la région « lors du dernier rapport, Fatick fait partie des régions les plus touchées par le fléau avec quelques 166 grossesses en milieu scolaire. Cependant il faut préciser que la plupart des filles est mariée. Ce qui n’est pas normal car beaucoup de filles sont dans le cycle moyen ».

Sur les stratégies mises en place pour l’ambition zéro d’ici dans un futur proche dans les établissements scolaires, Serigne Sarr explique « il s’agit de choisir des écoles dans chaque département pour mener plusieurs types d’activités. A Fatick ce sont les établissements de Khar ndoffene Diouf et le lycée Amadou Latyr Ndiaye qui sont choisis.Le GEEP va tenir des causeries sur la santé de reproduction , des génies en herbe, des podiums d’animation communautaire, des leçons de vie, des rencontres de sensibilisation avec les parents entre autres »

A en croire à Mademba Ndoye coordonnateur national du réseau des écoles des clubs d’éducation à la vie familiale ( Èvf) et chargé de programmes au GEEP, l’objectif principal du nouveau projet est « d’Organiser des activités de lancement qui visent à informer et sensibiliser les différents acteurs ciblés par le projet et permettre aux autorités scolaires de suivre et d’accompagner les clubs EVF dans la mise en œuvre des activités ».

Sur les raisons de la persistance des grossesses scolaires, les violences basées sur le genre, Monsieur Ndoye pense que « En raison de nombreux facteurs, dont le mariage d’enfants, les filles sont plus susceptibles de débuter leur vie sexuelle plus tôt que les garçons, l’âge médian des filles lors de leur première expérience sexuelle étant de 17 ans ou moins. Les grossesses précoces et non désirées, les infections par le VIH et la violence scolaire constituent des enjeux critiques, qui freinent l’accès à l’éducation et la réussite scolaire des adolescent-es. En 2022 une enquête a été menée sur les grossesses précoces des filles scolarisées dans 872 établissements scolaires soit 66,31% des établissements du Sénégal au terme de laquelle 1325 cas de grossesses ont été enregistrés chez des adolescentes âgées de 12 à 19 ans ».

Sur ce, le GEEP accentue la riposte en partenariat avec ses souteneurs. Mademba Ndoye ajoute « Pour surmonter cet important obstacle à la scolarisation et au maintien des filles à l’école, sous l’égide du Ministère de l’Education Nationale, une stratégie de réduction des grossesses à l’école dénommée “Campagne zéro grossesse à l’école” a été élaborée .Pour sa mise en œuvre,  le GEEP a signé avec l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas un partenariat dont l’objectif  est de contribuer à la « stratégie Zéro Grossesse » par la réduction d’au moins 15% par an des cas de grossesse dans les trois régions cibles du projet (Ziguinchor, Kaolack et Fatick) ».

Il poursuit « Cet objectif va être réalisé en mettant une dynamique de changement de l’environnement socio-culturel des écoles et des communautés dans les zones d’intervention du projet, ainsi un paquet d’actions a été élaboré pour informer, éduquer et communiquer avec les élèves sur leurs droits en santé sexuelle et reproductive pour un changement de comportement ».

Le projet cible les trois régions qui ont compté le plus grand nombre de grossesses dans les écoles lors de la dernière enquête du GEEP . Ce sont celles de Fatick, de Ziguinchor et de Kaolack .

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