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Rite funéraire chez les SEREER  par Sobel DIONE

Les aînés, lance à la main, s’ébranlent. Dès que l’un d’eux entre dans le cercle formé, les assistants s’exclament :

« Qui il en a le droit, vu le rapports cordiaux qu’ils ont eus; il s’est toujours soumis à lui ». La foule fait une procession autour de la case mortuaire. Cette habitation est fermée à l’aide d’une porte << tangar ou tagar >> (lit en bois tressé avec des fibres de ronier ou d’écorce de baobab). Ce lit s’appelle aussi muumir (mutisme). Les aînés toujours lance à la main prennent part à la procession et à la danse qui ont pour but d’intégrer le mort parmi les trépassés. Pour un homme les fidèles effectuent quatre tours et trois pour une femme. On danse avec les lances pour montrer que le mort avait été initié. Vient ensuite le deuxième rite de la lance. Il a lieu après l’enterrement dans certaines contrées. Hommes et femmes chantent et dansent ensemble. La plupart des chants étant pour les hommes des chants de Ndut (chants d’initiation des circoncis) et pour les femmes, des chants de Ngulook (mariage).

Les hommes dansent le mboolin tandis que les femmes évoluent sur le rythme du maañ (danse exécutée par les femmes mariées). Tout dépend du sexe auquel appartient la personne défunte. Ensuite le père et les neveux, c’est-à-dire les futurs héritiers vont creuser le trou. Ils y mettent du bois pour ne pas étendre directement le cadavre sur le sable. La femme du défunt, munie d’un balai, s’était auparavant rendue auprès de la tombe de son mari.

<< Mon mari va chez lui, je vais lui préparer sa demeure >> avait-elle dit. Il est vrai que les gens assurent au cadavre quelques soins mais, semble-t-il aussi, que l’âme plane encore un certain temps autour du défunt avant de disparaître car tous les rites revêtent un caractère religieux.

Le père apporte le moote si le mort est une femme (pagne blanc offert par les membres de sa lignée paternelle) du décédé. C’est ce moote qui après le bain doit d’abord toucher le cadavre. Vient ensuite la collecte des effets devant accompagner le mort et qui seront enterrés avec lui. On tient une brève petite réunion pour le choix des kuleer (pagnes servant de couverture au cadavre). Après cela, un parent du défunt verse de l’eau puis du lait devant la case disant:

laxadooxi to ñaam

Lave les mains et mange.

Parce que la personne va à jaaniiw (village des ancêtres ) où elle continuera à vivre, son père lui offre ce premier repas afin qu’il puisse se nourrir dans l’autre monde. Le geste est cependant symbolique.

SobelDione

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