Sénégal : lancement de la conversion au gaz de la centrale électrique de Bel Air

(Agence Ecofin) – Il y a quatre ans, la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec), avait confié au concepteur finlandais d’équipements énergétiques Wärtsilä, le marché de conversion de sa centrale électrique de Bel Air, conçue pour fonctionner au fioul lourd.
Selon des informations relayées mardi 13 mai, le Sénégal a franchi une étape dans la transformation de son système énergétique. Le pays a entamé le processus de conversion de la centrale électrique de Bel Air, l’une des plus importantes du pays avec ses 335 mégawatts, pour qu’elle fonctionne au gaz naturel liquéfié (GNL) en lieu et place du fioul lourd.

Le chantier confié à l’entreprise finlandaise Wärtsilä, se déroulera en deux phases. La première, lancée ce mois-ci, consiste à adapter les moteurs de la centrale. Cette phase devrait être suivie d’une seconde, attendue d’ici fin 2025, et qui permettra le basculement total vers le GNL comme carburant principal.
Cette opération coordonnée par le fournisseur public d’électricité Senelec, s’inscrit dans un plan visant à exploiter les ressources gazières du pays pour sécuriser son approvisionnement en électricité et limiter sa dépendance aux marchés internationaux du pétrole. En 2023, le Sénégal a importé pour près de 2,13 milliards de dollars de produits pétroliers raffinés, soit près d’un cinquième de ses importations de biens.
Alors le passage au GNL suscite des préoccupations quant à la disponibilité de l’électricité, la Senelec a assuré avoir pris les dispositions « pour limiter les désagréments et assurer la qualité du service pendant cette phase de transition énergétique ».
L’utilisation accrue du gaz local devrait favoriser une meilleure anticipation des coûts énergétiques et une amélioration de la balance commerciale. Pour les acteurs économiques, la stabilité de l’approvisionnement en électricité constitue un facteur décisif, notamment dans les secteurs industriels à forte consommation comme l’extraction minière.
Par ailleurs, l’État sénégalais vise une capacité de production électrique de 3000 mégawatts d’ici 2050, largement portée par le gaz dont l’exportation a commencé récemment. La conversion de la centrale de Bel Air en constitue une première concrétisation, avec des retombées attendues sur les investissements dans les infrastructures, la compétitivité des entreprises et l’indépendance énergétique du pays.
Abdel-Latif Boureima
Édité par Wilfried ASSOGBA



