Le Réseau des Agro écologistes de la Région de Fatick a été reconnu officiellement par le recepisse 0082/GRF du 24 decembre 2013. Il a été créé le 20 juin 2013 a Kaydara lors d’une formation en agro écologie organisée par le Conseil Régional de Fatick qui, à travers son Programme appelé Bourses Tremplin pour l’Emploi avait sélectionné les porteurs de projets ayant choisi le maraichage. Nous nous sommes rapprochés de Jean Baptiste Ndiaye coordonnateur du RAERF.
Au total 11 personnes avaient été sélectionnées. A l’issue de cette formation d’une semaine, elles avaient recu des attestations d’agro écologistes. Elles deviendront par la suite, les porteurs de cette connaissance et seront habilitées à accompagner d’autres paysans dans cette démarche.
Si la plupart disposaient déjà de parcelles maraichères, peu y pratiquaient l’Agroécologie. Les personnes choisies devaient être accompagnées pendant une année et évaluées sur le travail mené sur leurs parcelles d’une part et sur leurs activités de promotion de l’agro écologie d’autre part.
Aujourd’hui, plus de 100 membres sont présents dans la région de Fatick chacun ayant une ou des parcelles pour soit pratiquer le maraichage soit l’agriculture vivrière ou de rente mais dans le respect des principes agro écologiques. Ce chiffre tient compte des demandes d’adhésion du Réseau des Femmes Transformatrices de Mbam et du Groupement des Femmes de Toubacouta.
1. LE CONTEXTE
Le Réseau est né dans un contexte marque par
❖ La dégradation des terres résultant de facteurs parmi lesquels les variations climatiques
❖ La baisse des rendements due à la pauvreté des sols.
❖ La dépendance excessive envers les semences hybrides et les produits agrochimiques
❖ L’érosion hydrique et éolienne,
❖ L’Exode rural des jeunes générations.
❖ La surexploitation des ressources disponibles.
❖ L’insuffisance des terres
❖ La baisse du niveau des nappes phréatiques et à la salinisation.
2. LES OBJECTIFS
❖ Former des paysans à cultiver leurs parcelles dans le respect des principes agro écologiques
❖ Elever les paysans au rang d’éducateurs, capables de vulgariser les pratiques et valeurs agroécologiques
❖ Constituer un véritable réseau d’animateurs en agro écologie dans les régions de Fatick, Thiès, Kaolack, Kaffrine et Diourbel
3. LA CARTOGRAPHIE DES MEMBRES DU RESEAU.
Les membres sont éparpillés dans les 3 départements que compte la région de Fatick a savoir Fatick, Foundiougne et Gossas.
4. LES ORGANES DU RESEAU
Le Réseau est ainsi structuré :
❖ Une Assemblée Générale comprenant tous les membres
❖ Un Comité Directeur de 21 membres
❖ Un Bureau exécutif de 9 membres
❖ Et des Commissaires aux Comptes au nombre de deux
❖ Des Commissions au nombre de 6
5. LES ACTIVITES
Selon Jean Baptiste Ndiaye « Les membres du Réseau s’activent dans toutes les activités agricoles comme le maraichage, les cultures de rente, les cultures vivrières, l’aviculture et l’agroforesterie ».
Il ajoute que « L’idée est de promouvoir l’Agroecologie et de combattre l’utilisation des produits chimiques et des pesticides dans leurs activités agricoles ».

5.1. LES ACTIVITES DE PRODUCTIONS
Les activités de productions tournent autour :
❖ Du maraichage (tomate, aubergines, piment, poivron, laitue, patate, oignon, pomme de terre, gombo, carotte, navet)
❖ Des grandes cultures (mil, arachide, mais, manioc, niébé, pastèques)
❖ De l’Aviculture notamment l’élevage des poules locales et de race améliorée
❖ De l’élevage de caprins, d’ovins, de bovins notamment l’embouche bovine, de lapins, de porcs
❖ De l’Agroforesterie a travers les arbres fruitiers, les arbres fertilitaires et les agrumes
5.2. LES ACTIVITES DE FORMATIONS
Les activités de formations du Réseau tournent autour :
❖ Les fondamentaux de l’Agro écologie, les rotations culturales, le compostage (aérobic et liquide), le traitement naturel des plantes, l’assolement, l’association de cultures, l’embocagement, le repiquage
❖ Les types de pépinières (sur sol et sur piloti)
❖ Les techniques de production de semences paysannes
❖ Les techniques de transformation des fruits et légumes (jus, sirop, confiture)
❖ Les Techniques de conservations et de séchage des fruits et légumes (la purée de tomate, la poudre de bissap, mangues, oignon, gingembre).
❖ Les techniques de production de pomme de terre
A ce jour
❖ 50 personnes ont été formées sur les pratiques de l’agroécologie de A a Z
❖ 125 femmes ont été formées en techniques de transformation de fruits et légumes
❖ 50 personnes (hommes et femmes) ont été formées en techniques de production de semences paysannes.
❖ 40 stagiaires ont été formes en techniques de production de pomme de terre
5.3. LES ACTIVITES DE PARTICIPATION
Le Réseau des Agro écologistes de la Région de Fatick a participé à plusieurs rencontres, ateliers, séminaires et formations
❖ Foires des semences paysannes de Djimini du 11 au 13 Mars 2014
❖ Foire des semences paysannes de Dioral du 15 au 19 Mars 2017
❖ Rencontres et visites de la Tafae a Dakar et dans les régions
❖ Formation sur le conseil de Gestion organise par Agrisud
❖ Les séminaires organisés à Dakar sur l’Agroécologie
❖ Participation à l’élaboration d’un logiciel référentiel de métiers niveau CM2
5.4. LES ACTIVITES DE REBOISEMENT
Depuis 2021, le Réseau des Agro écologistes de la Région de Fatick, organise la journée de L’Arbre au niveau de la Région. Ainsi, Jean Baptiste Ndiaye détaille.sur l’étendue des activités du RAERF
➢ En 2021, cette journée a été organisée à Mbam
➢ En 2022, la Journée de l’Arbre a été célébrée a Ndoffane Ndary dans la commune de Diagane Barka en collaboration avec le Conseil départemental de Foundiougne, la Commune de Diagane Barka et l’ONG Agrisud International.
➢ En 2024, la Dynamique vers la Transition Agro écologique (Dytael de Foundiougne) avait confié au Réseau, l’organisation au niveau départemental de la journée de l’arbre ou 720 arbres ont été plantés avec l’appui des Autorités administratives (Sous-Préfet, chef CADL) la Mairie de Djilor, les ONG Agrisud International, Action Aid, TIF, Coordid, CNCR, le Réseau des Eco Citoyens et la population. Le village de Keur Omar dans la commune de Djilor avait abrité cet évènement.
5.5. LES ACTIVITES D’ENCADREMENT
❖ Depuis 2020 et en partenariat avec le Centre Agricole pour l’Initiative Rurale de Sokone (CAIR), le Réseau reçoit les étudiants pour un stage de perfectionnement pendant 2 mois.
❖ Le Réseau reçoit également les étudiants d’autres structures de formation en Agro écologie notamment le Lycée technique de Thiès pour un stage de perfectionnement
❖ 17 élèves de la commune de Mbam sont attributaires d’un espace de productions dans le centre. Ils y sont accueillis et font du maraichage et de l’aviculture. L’idee est d’avoir des revenus qui leur permettent de se prendre en charge pour les frais d’inscription et les fournitures scolaires
❖ Les visites d’études des élèves des centres de formation de Diourbel et de Ker Yakaar de Djilor Djidiack dans la commune de Fimela. Ces élèves sont au nombre de 60.
❖ Les maraichers, les ASC et GPF de la zone sur leur demande
Il faut rappeler que le Réseau reçoit de plus en plus de demandes d’encadrement et de stages des structures de formations. Malheureusement compte tenu du manque de moyens, le nombre de stagiaires est limite. En effet, depuis 2020, les stages de perfectionnements sont gratuits ; les structures d’envoie évoquant toujours le manque de moyens financier et/ou matériel pour appuyer le Réseau.
A ce jour, 32 stagiaires dont 12 femmes venant des structures de formation (Centre Agricole pour l’Initiative Rurale de Sokone, Lycée Technique Professionnel de Thiès, Université Sine Saloum) ont été au Centre de Formation du Réseau a Mbam, encadres, loges et nourris.
5.6. LES VISITES PEDAGOGIQUES
Elles ont lieu tous les mois et se déroulent dans un champ d’un membre. Pendant ces visites, le membre participant amène des outils qui peuvent servir au bénéficiaire. On passe la journée, participe aux activités que le membre est en train de faire ce jour, fait des observations et des recommandations. L’idée était d’élaborer un document qui fait la synthèse des problèmes que rencontrent les membres et les solutions proposées. Ce document serait présenté et remis a qui de droit : Autorités administratives, collectivités locales, ONG et autres bailleurs.
5.7. LE SUIVI-EVALUATION
❖ Le suivi est assuré par le Coordinateur et le Bureau exécutif du Réseau.
❖ La commission chargée de l’environnement peut également intervenir dans le suivi-évaluation
❖ Des réunions d’évaluations sont souvent organisées
❖ L’implication des autorités administratives et locales pour une meilleure visibilité des activités est de mire
❖ Les points focaux se trouvant dans les zones d’intervention du Réseau font également le suivi des activités
❖ Des visites de terrain sont régulièrement organisées dans les champs des membres pour mieux s’imprégner de leurs activités
6. LES PERSPECTIVES
❖ Une collaboration avec les collectivités locales notamment les Conseils Départementaux et les communes pour une bonne implication des populations et pour un meilleur suivi des activités;
❖ Le développement de stratégies permettant d’impliquer le maximum de Producteurs dans la pratique agro écologique
❖ La multiplication des démarches et contacts auprès des autorités administratives et les ONG intervenant dans la Région.
❖ L’établissement d’une base de données des structures intervenant dans l’agroécologie au niveau de la Région
❖ La formation des relais en animation de l’Agroécologiedans les Arrondissements et les Communes
❖ Organiser des ateliers pour permettre aux paysans de se rencontrer régulièrement et de partager leurs expériences
❖ Multiplier les échanges entre le Réseau et les ONG d’une part, et entre le Réseau et les Paysans sur les pratiques agro écologiques d’autre part.
❖ Créer un réseau d’échanges sur WhatsApp avec des leaders paysans, les services techniques, des techniciens des ONG et éventuellement des chercheurs motivés
❖ Initier des formations de courte durée pour les élèves et enfants non scolarisés dans le cadre du respect des principes de l’agroécologie
7. LES DEFIS
Les défis du Réseau sont multiples et se présentent sous plusieurs facettes
7.1. Les Finances
Les ressources du Réseau proviennent essentiellement des cotisations des membres. Le Reseau n’a pas de fonds propres
7.2. Les Infrastructures
Le Réseau ne dispose pas d’infrastructures. Il est intéressantd’envisager la construction d’un local servant de siège et abritant des salles pour l’administration et des salles pour les formations. On pourrait également y intégrer des dortoirséquipés et adaptes au monde rural
7.3. La logistique
Malgré son dynamisme dans la région de Fatick au service de l’environnement et du bien être des agriculteurs, Le réseau n’a ni véhicules, ni motos, ni matériel et mobiliers de bureau. Pourtant il est souvent sollicité partout dans l’espace regional mais se débrouille à tout moment par les moyens du bord.